lundi 14 mai 2012

L'inclusion scolaire

Ce court billet s'adresse à ceux et celles qui ne connaissent pas ou qui connaissent trop peu ce qu'est l'inclusion scolaire. Je ne parle pas ici de suppléance, mais d'une pédagogie qui pourrait apporter bien des choses à l'éducation.
Plutôt que d'étaler ici ses caractéristiques, je vous donne quelques liens à aller consulter.

D'abord, afin de vous sensibiliser à cette pédagogie, je vous invite à aller voir cette vidéo créée par 5 étudiantes, dont moi, dans le cadre du cours d'Inclusion scolaire à l'UQTR. Vous y retrouverai une première partie rassemblant les raisons de l'inclusion scolaire expliquées par des professeurs, étudiants et enfants. En deuxième partie, vous trouverez deux témoignages sur l'inclusion scolaire.
http://www.youtube.com/watch?v=vqaA7-xyrO8

Ensuite, pour vous informer davantage et pour vous donner des moyens d'introduire la pédagogie de l'inclusion scolaire dans votre école, je vous invite à aller consulter ce site Internet fait par quelques-unes de nos collègues dans le cadre du même cours.
http://sites.google.com/site/lecasieressource/home

Finalement, pour plus d'informations sur la pédagogie de l'inclusion scolaire, le livre suivant est une banque d'informations importante.
http://books.google.ca/books?hl=fr&lr=&id=1cc3xetWsuYC&oi=fnd&pg=PR9&dq=Inclusion+scolaire&ots=1VgnZAxKr8&sig=ALj4MT-ufU_VQgKMONQlC_h-HLA#v=onepage&q&f=false


Amusez-vous!
Myriam :)

La réalité des classes d'accueil: Point de vue d'une suppléante

Dernièrement, j'ai eu l'opportunité d'aller remplacer dans une classe d'accueil de premier cycle. Dans cette classe, il y avait 14 enfants de 6 à 9 ans qui arrivaient d'un autre pays (Cuba, Argentine, Iran, Moldavie et Chine sont les pays dont je me souviens). Lorsque la répartitrice m'a donné cette affectation, je me suis dit: "Ce sera probablement intense comme expérience, mais nous sommes au mois de mai, ils devraient bien me comprendre, l'apprentissage de la langue est déjà bien amorcée." ERREUR!! Voici un bref résumé de ce que j'ai pu constater... :)

Voilà, bien que ce soit tout à fait improbable maintenant que j'y pense, j'avais comme impression que tous ces élèves avaient commencés l'année scolaire ensemble... Vous savez, comme dans la majeure partie des classes "régulières", je me disais que, mis à part quelques rares exceptions, les élèves commencent et terminent l'année scolaire avec les mêmes copains de classe et la même enseignante. La réalité est différente dans les classes d'accueil. J'aurais dû m'en douter... c'est inscrit dans le nom: classes d'ACCUEIL! En somme, c'est une classe où les enfants sont envoyés lors de leur arrivée au Québec pour les intégrer dans le système scolaire. Depuis la loi 101, les enfants immigrants doivent aller à l'école francophone... mais leur arrivée n'est pas toujours facile... En effet, n'imaginez pas que les parents décident de quitter leur pays en fonction de la rentrée scolaire québécoise! Ainsi, il y avait un petit Chinois et un petit Moldave qui étaient arrivés au Québec depuis plus ou moins un mois. Je n'ai pas pu tout savoir, mais j'ai alors compris que les élèves arrivent au compte-goutte dans ces classes. Évidemment, pour certains, c'est plus facile. Par exemple, la petite Cubaine avait plus de facilité, entre autres parce que le français se rapproche beaucoup de sa langue maternelle: l'espagnol.
Malgré ce dépaysement total, j'ai passé une belle journée. Le climat d'entraide dans cette classe était étonnant. Ils comprennent la difficulté des nouveaux arrivants dans leur classe et s'efforcent de s'entraider. Par ailleurs, j'ai aussi pu constater que la différence d'âge entre les jeunes influençait beaucoup les amitiés qui s'étaient formées dans la classe. La plus vieille était souvent mise à l'écart du reste du groupe.

Cette expérience m'a fait réfléchir à deux choses, la première étant la pédagogie de l'inclusion scolaire et la deuxième étant le rôle de l'enseignante.
D'abord, en suivant un cours sur l'inclusion scolaire au même moment, je n'ai pas pu passer à côté d'une réflexion sur la réalité de ces enfants. Alors que dans mon billet précédent je parlais des école à programme d'éducation internationale qui accentuent la ségrégation, aujourd'hui je me penche sur la possibilité de l'inclusion avec les nouveaux arrivants allophones (ne parlant ni français, ni l'anglais). J'ai effectivement pu constater l'entraide et la coopération dans cette classe et le désavantage social que causait la différence d'âge. Par contre, je suis curieuse de voir comment un élève arrivant de Chine au mois d'avril pourrait être inclus efficacement dans une classe régulière. Je ne crois pas que ce soit impossible. Seulement, j'ai tellement eu de difficulté à communiquer avec lui dans cette journée (si vous aviez vu mes beaux mimes et mes simagrées...!) que j'imagine difficilement son inclusion. Par contre, si vous aviez vu son visage s'illuminer quand je lui ai finalement fait comprendre que je voulais qu'il fasse la page couverture du livre que nous avions créer pour leur enseignante!! Je me dis que, entourés d'autres élèves dans un projet... il progresserait surement davantage et serait heureux de contribuer à la réalisation d'un projet. 
Toutes ces interrogations m'amène à réfléchir à l'enseignante qui est dans cette classe... En effet, je ne sais pas si je serais capable d'accueillir des élèves ne comprenant pas un mot de ce que je leur dit à n'importe quel moment dans l'année. En inclusion scolaire, on parle de planifier l'inclusion, de créer un sentiment d'appartenance à la classe, de créer un climat d'ouverture et de respect entre les élèves... et cela me semble difficile avec des nouveaux arrivants allophones qui arrivent n'importe quand dans l'année... c'est comme si tout était à recommencer à chaque fois... Je parle de cette difficulté en contexte d'inclusion, mais seulement dans ces classes spéciales d'accueil, je salue la patience, la persévérance et la détermination des enseignantes. 

L'enseignement n'est déjà pas un métier facile: nous devons faire face à une multitude de situations imprévisibles et complexes. Pour enseigner dans les classes d'accueil, il faut vraiment être capable  de différencier au maximum, de prendre les élèves là où ils sont et de célébrer chacune des petites réussites de chacun d'eux. En y pensant bien, les enseignantes des classes d'accueil sont peut-être bien dans les personnes étant les mieux outillées en techniques didactiques et pédagogiques pour faire face à des classes hétérogènes comme ce serait le cas dans un système scolaire inclusif... !

mercredi 25 avril 2012

Suppléance dans des écoles P.E.I. : Une médaille d'or!... À deux côtés...!

Au risque de stéréotyper certaines écoles, je dois admettre que, lors de mes deux suppléances dans des écoles ayant le programme d'éducation internationale, j'ai eu beaucoup de plaisir et j'ai passé de très belles journées! 
Dans les deux cas, l'équipe-école était formidable: tout de suite, j'ai été accueillie et accompagnée vers mon local, on m'a expliqué le fonctionnement de l'école et on m'a offert de l'aide! Et ce, dans les 10 premières minutes! Les gens étaient souriants et enjoués: passionnés et heureux. Je ne sais pas pour vous, mais moi, d'habitude, je dois aller chercher les informations, et ce n'est pas tous les enseignants qui sont ouverts à donner un coup de main aux jeunes enseignantes...
Les classes étaient organisées, la planification était claire et les élèves étaient à leurs affaires. Rien à redire. Ce n'est pas un gros défi de suppléance, ces écoles. Mais des journées qui vont comme sur des roulettes en tant que suppléante, ça ne se refuse pas! 
Je n'ai pas besoin de vous dire que, dans mon compte-rendu, j'ai mentionné que j'avais adoré ma journée, que les élèves étaient formidables et que ça me ferait vraiment plaisir de revenir dans cette classe! 
Certains le savent peut-être, le préscolaire, ce n'est pas ma tasse de thé. Mais la maternelle 5 ans que j'ai vue en suppléance m'a presque fait changer d'avis: les élèves connaissaient bien le roulement de la classe, coopéraient et j'ai eu l'impression de faire quelque chose de constructif avec eux durant la journée!

Je dois tout de même mettre un bémol réflexif: Les écoles ayant programme international font une sélection de leurs élèves selon des critères favorisant la performance (un peu dans le style des écoles privées). On est loin de retrouver dans ces écoles une représentation réelle de la population que l'on retrouve dans la société. Ces élèves sont mis en groupe sans être exposés à la différence, aux respects de celle-ci. Leur aspect social se développe, mais avec d'autres enfants "bons" à l'école. C'est probablement mon cours d'Inclusion scolaire qui me fait réfléchir ainsi... mais ce type d'école n'augmente-t-il pas la ségrégation et l'individualisme dans le sens que "nous" nous sommes "bons" et nous irons le plus loin possible sans regarder les autres qui auraient besoin de soutien. En fait, ces élèves sont-ils seulement conscients que certains enfants n'apprennent pas pareil comme eux? ont besoin de plus de temps? ont besoin d'autres stratégies? Développent-ils toujours les mêmes stratégies associées aux élèves "performants", qui ont cette forme d'intelligence logico-mathématique ou linguistique, qui ont le style d'apprentissage séquentiel-verbal? Ce type d'école est-il dédié à un seul type d'élèves? Cela n'augmente-t-il pas la ségrégation, comme je le disais plus tôt, dans la société? Parce que, bien franchement, dans la vie de tous les jours, dans l'avenir, ces enfants devront travailler avec des personnes apprenant différemment d'eux et ayant des besoins différents. Seront-ils capables de les comprendre et d'avoir un esprit et une mentalité d'ouverture et de souplesse par rapport à leur concitoyens?

Ces écoles étaient magnifiques: des projets étaient affichés partout dans l'école, la joie de vivre régnait dans l'établissement. Mais... est-ce que c'est vraiment ça qui prépare nos jeunes à être les citoyens de demain?... Bonne réflexion!
                                                                  
                                                                                                                                            Myriam :)

jeudi 2 février 2012

Suppléance hors du commun pour le déménagement de Saint-Gérard!

La plupart du temps, lors d'une suppléance, tu remplaces un enseignant qui est absent ou en formation: tu prends la classe en charge et tu te débrouilles. Cependant, il arrive des évènements qui requièrent les services des suppléants pour faire un tout autre travail. Laissez-moi vous raconter l'histoire du déménagement de l'école Saint-Gérard...!


Lors du retour des Fêtes, j'avais une semaine de vacances avant le début de mon stage. Bref, la semaine du 9 au 13 janvier, j'étais disponible pour faire de la suppléance. Je suis restée chez moi les deux premières journées. Mardi soir, la commission scolaire m'appelle pour m'offrir deux jours de suppléance consécutives à l'école St-Gérard. On me dit que c'est un projet spécial, et que je ne saurai que le lendemain dans quelle classe je serais. Pour deux jours de suppléance, j'accepte. Le lendemain matin, en me séchant les cheveux, je vois aux nouvelles que l'école St-Gérard ferme ses portes à cause de la présence de moisissures!!! Je me rends à l'école me disant que les profs sont probablement libérés pour déménager certaines choses. J'apporte donc quelques activités pouvant me servir dans plusieurs niveaux, au cas où...

J'arrive là-bas: les médias sont devant l'école, c'est la panique à l'intérieur, il y a des boites partout... Je dis bonjour à la secrétaire qui ne sait vraiment pas quoi faire de moi. Je lui dis donc que je vais dans la salle des profs le temps que quelque chose se passe... Quelques minutes plus tard, une dizaine de suppléants viennent me rejoindre! Personne ne savait vraiment quoi faire, jusqu'à ce qu'une prof dise: "Ben si nous avons des suppléants pour nous aider, moi j'en prends un, j'en ai besoin!" J'ai passé la journée à faire des boites et à occuper les enfants lorsque ma prof devait rencontrer des collègues. 
Le lendemain, je défaisais les boites et occupais les enfants au collège Ahuntsic... Finalement, pour libérer les enseignants quelques heures, l'équipe de suppléants déployés est restée une troisième journée, et quelques uns y sont retournés la semaine suivante... 
Pour l'avoir vécu de l'intérieur, le déménagement d'une école d'urgence comme ça, ce n'est pas la joie. Les enseignants devaient sélectionner ce qu'ils apportaient. UNE petite boite par classe. Imaginez les classes de maternelle... AUCUN matériel n'était disponible. Les parents n'étaient pas contents, le système de transport devait être adapté ainsi que le service de garde... Juste aller aux toilettes dans le CÉGEP demandait toute une organisation, car elles ne sont pas assez proches pour laisser les enfants y aller seuls... À travers tout ça, imaginez le sentiment des enseignants et du personnel en général d'être arrachés à leur école, à leur classe, à leur matériel bâti au cours des années, et ce, sans avoir la garantie de les retrouver dans le même état. Ils ne savaient pas où ils seraient déplacés. Tout ce qu'ils savaient, c'était que pour 7 jours, ils seraient dans ce pavillon d'Ahuntsic... 

Voilà, c'était pour vous donner une idée de ce qui s'est passé de l'intérieur... et surtout pour vous montrer qu'une journée de suppléance n'est pas nécessairement ce à quoi nous nous attendons.
Aujourd'hui, les élèves de l'école St-Gérard sont dans un autre pavillon d'Ahuntsic (ils ont dû redéménager dans le cégep pour laisser les locaux aux cégepiens). À la fin du mois de février, ils seront déménagés (à nouveau) dans l'école secondaire George-Vanier.
Pour suivre la vie de St-Gérard, allez voir leur blogue d'école! Il nous tient au courant de ce que les enseignants et autres intervenants vivent... http://www2.csdm.qc.ca/st_gerard/